Démarche
Je travaille la sculpture comme un acte de reconstruction.
Je construis une figure, puis je la brise.
Je la laisse se fissurer, se fragmenter, se transformer.
Je cherche dans cette destruction ce qui persiste, ce qui reste debout, ce qui résiste, ce qui se révèle quand tout ce qui était prévu a cédé.
Chaque matériau a sa manière de céder, de se défendre, de tenir.
J’aborde la figure humaine non comme une forme parfaite, mais comme une présence.
Une présence traversée, tendue, marquée.
Un être qui apparaît par fragments, qui lutte contre la gravité et contre sa propre instabilité.
Je ne cherche pas à représenter le corps, je cherche ce qui fait qu’un corps existe.
Quand une sculpture tient debout, c’est une victoire.
Non pas une victoire technique, mais une victoire intérieure.
Elle tient avec ses fissures, ses tensions, ses cicatrices, comme nous tenons, malgré ce qui nous a traversés.
Mes sculptures ne racontent pas d’histoires.
Elles incarnent des états.
Elles sont des fragments d’humanité, des êtres silencieux, tenaces, vulnérables.
Des figures qui n’effacent pas leurs failles, mais qui les portent comme une condition essentielle de leur présence.